Publié le

Pourquoi une ECOLE INTERROGATIVE?

Dans les années 1970, j’avais cofondé avec le collectif d’art sociologique l’Ecole sociologique interrogative à Paris, dans le sous-sol de ma maison. Aujourd’hui, je change d’idée. Je préfère le concept d’ ECOLE INTERROGATIVE.
Je crois à l’importance  d’une orientation plus explicitement philosophique, pour animer un lieu de rencontre et questionnement sur notre rapport au monde, à notre évolution, pour réfléchir sur la théorie de la divergence, sur l’hyperhumanisme, sur la déroute de l’économie imaginaire, sur la mythanalyse, etc. Il est nécessaire de déborder la sociologie et de la mettre en rapport avec les mythes actuels, les démarches scientifiques, l’urgence d’une éthique planétaire, le choc du numérique, etc.
Par rapport à l’art sociologique que je pratiquais dans les années 1970, j’ai opté aussi pour une pratique plus philosophique. Suite à mai 68, nous avons tous eu tendance à délaisser la philosophie et à nous fixer sur les questions sociologiques. Aujourd’hui, nous ressentons le besoin de réélargir nos questionnements.

Arnaud Fischer IMG 1138

Ici, au Carrefour des sciences de Rimouski, le 23 mai 2012, pour débattre de la question: La technoscience est-elle devenue le moteur de notre évolution?

Publié le

L’Ecole interrogative

Arnaud Fischer IMG 1132

Art et philosophie. Je me suis réengagé dans la pratique de ce que j’appelle l’Ecole interrogative, par opposition à l’école qui sait. On y développe une pédagogie interrogative publique. La technoscience est-elle devenue le moteur de notre évolution? C’était la question d’une rencontre type Ecole interrogative au Carrefour des sciences de Rimouski, 23 mai 2012.

Publié le

Felipe Ehrenberg

Arnaud Fischer DSC08460

En la casa de Felipe Ehrenberg, Sao Paulo, mayo 2012. Arte y vida, periferia, unas palabras de mi amigo Felipe, artista mexicano multimedia de inspiracion Fluxus. Un amigo tambien del evento social imaginario « La calle adonde llega? en el MAM de Mexico, 1983.
 www.ehrenberg.art.br

Publié le

Jean-François Bory

Arnaud Fischer Humidit%C3%A9

L’humidité

Revue de poésie expérimentale de Jean-François Bory

Réédition de l’intégralité de l’Humidité, la plus importante revue française de poésie expérimentale des années soixante-dix. Lorsqu’on demande à Jean-François Borypourquoi il a appelé sa revue L’Humidité, voici ce qu’il répond : ‘Parce quej’ai passé toute mon enfance en Asie. Il y a une saison particulière en Asie avec la mousson. Tout est humide! L’humidité de l’air est parfois à 75%. C’est une chose singulière qu’on ne ressent nulle part ailleurs, la mousson. Respirer devient alors tout différent, par exemple fumer une seule cigarette dans ce bain de vapeur vous saoule complètement. Voir aussi est différent car tout est flou avec tant d’eau dans l’air. On est myope ! On est dans une cinquième saison avec L’Humidité. C’est la cinquième saison du monde. ‘Lorsqu’on dépasse la légèreté et l’a priori désinvolture, toute picabienne, de cette réponse, on s’aperçoit qu’il y a pas mal d’indices dans ces quelques mots : Il vient d’ailleurs, sa revue sera le terreau de tous les ailleurs, là où on voit différemment, là où l’expérience s’allie à la réflexion, là où on prend des risques, donc (jusqu’à l’ivresse), pour ouvrir de nouveaux territoires. Difficile également de ne pas voir la référence à la revue 5e saison d’Henri Chopin, à la fois hommage et dépassement. Car il s’agit bien de cela avec Jean-François Bory et les auteurs,poètesartistes, etc. dont il s’entoure pour que vive L’Humidité : derrière un joyeux et remuant désordre, parfois potache, parfois frontalement rebelle ; derrière cet esprit à la fois frondeur mais radicalement dilettante ; il y a la construction d’un espace de pensée et de recherche, un vrai laboratoire où se croisent les pratiques artistiques les plus novatrices du moment. Et ce qui se joue dans cette revue au fils des livraisons, c’est ce qu’a toujours défendu Jean-François Bory (et avec lui Julien BlaineBernard Heidsieck,Pierre et Ilse Garnier et tous les acteurs des poésies expérimentales) : que la poésie-action défendue ici a autant à voir avec l’histoire de la poésie via la littérature, qu’avec l’histoire des avant-gardes, des premiers futuristes à nos jours. Et effectivement, on comprend bien mieux les enjeuxdes poésies visuelles, performatives, sonores, etc. lorsqu’on les voit confrontées avec les pratiques d’artistes du nouveau réalisme ou de la nouvelle figuration, de l’art sociologique(FischerJourniacMaccheroniAgullo), du body art ou de l’art charnel (OrlanGina Pane, Journiac), de l’art comportemental (Agullo) etc ., mais également d’écrivains comme José Pierre, Pascal QuignardPierre Bourgeade,Roland Barthe et tant d’autre. A l’heure où s’écrit enfinl’histoire des poésies expérimentales, cette réédition de L’Humidité est un outil indispensable pour mieux comprendre cette aventure.
______________________________
Al Dante (Editions), France, 2012