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La pensée artistique

Arnaud Fischer Unknown

Le marchand de glaces, acrylique sur toile, 243 x 207 cm, 2013

La démarche théorique que je poursuis, notamment en mythanalyse et à propos de la loi de la divergence, je la construis conceptuellement, mais aussi avec ma démarche artistique. Mon expérience est celle du recours à la pensée artistique, un expression rarement employée et qui se présente même comme un oxymore, du fait de l’idéologie dominante qui lie art et irrationnel, mais qui correspond bien réellement  à la réalité du processus de création.
J’observe constamment à quel point je progresse dans l’élucidation théorique autant que dans la pratique artistique en mêlant intimement les deux. Il en est de même pour la théorie sociologique de la couleur que je publierai un de ces jours et sur laquelle je travaille depuis les années 70. C’est en peignant que j’ai été capable de mieux comprendre les usages socio-chromatiques actuels et que je suis devenu capable d’écrire les derniers chapitres que je me sentais incapable de rédiger depuis plusieurs années pour terminer le livre. J’ai appelé nouveau fauvisme digital cet usage actuellement si répandu du code de couleurs du marchand de glaces. Alimentation, signalisation, euphorisation de la consommation, codes chromatiques des fausses couleurs écraniques : dans tous les domaines, c’est ce que réclame l’idéologie dominante et les usages sociaux urbains.

Les images que je peins m’obligent à questionner avec plus d’acuité les concepts pour lesquels j’opte. Mes décisions de peintre, la composition, les choix de couleurs, la touche picturale, les postures sont autant de décisions théoriques, qu’elles confirment ou requestionnent au fil de la recherche-peinture. Chaque jour, je fais l’expérience de la fécondité méthodologique de cette double démarche conceptuelle et artistique, et j’y découvre un plaisir, une motivation et une dynamique puissants, dans ma quête de lucidité.  Les problèmes picturaux auxquels je suis confronté sont aussi des problèmes théoriques et cette double approche m’aide à les résoudre – ou à les trancher.

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art postal -mythe art

Arnaud Fischer tortue%2Bsur%2Ble%2Bdos web
Le stade de la tortue sur le dos, acrylique sur toile, 122 x 192 cm, 2014
Le nouveau-né traverse d’abord un premier stade de dépendance biologique totale, comme une tortue sur le dos qui agite bras et jambes, et pleure. De ce premier stade de frustration viendra par la suite, comme une revanche, son instinct de puissance. (Mythanalyse)
The baby experiences first a stage of total biological dependence, alike a turtle on its back, waiving arms and legs and shouting his frustration. This may create as a desire of revenge  his future instinct of power. (Mythanalysis)
El niño atraviesa una primera fase de dependencia biológica total, llorando, agitando los brazos y las piernas como una tortuga en posición de espalda; así crece, como un deseo de venganza, su instinto de poder. (Mitanálisis)

Das neugeborene Kind erlebt zuerst die schwierige Zeit einer totalen biologischen Abhängigkeit, weint, und bewegt Arme und Beine wie eine Schildkröte auf dem Rücken. Daher lässt sich sein zukunftiger Machtinstinct erklären. (Mythoanalyse)

Arnaud Fischer myth

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Video: Collective Kick « Art Postal » Crowd Painting by Hervé Fischer (English)

Post your Mark first! Participative « Art Postal » by artist-philosopher Hervé Fischer, founder of the Sociological Art movement
What is the « Art Postal » movement?
In the 60’ Ray Johnson launched the «New York Correspondence School of Art». Exchanging ordinary objects like bus tickets, small drawings, cuts of collages or words to other artists, including his friends Andy Warhol, Dick Higgins, John Cage, Jasper Johns, and to many unknown people, he thus developed a large art network by using the traditional post. It was Mail Art, as a part of Fluxus art. I used it a lot in my sociological art practice and published a book collecting artist’s stamps: «Art and Marginal Communication» (Balland, Paris, 1974). As a pioneer of Web art since 1984, l came to the idea of Digital Art Postal, the internet being much more powerful than traditional post, and more extensive than any museum exhibition, allowing me to connect and exchange directly with a larger audience about my work on today’s world, values and challenges.
http://bit.ly/hervefischer
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Art postal: L’agneau-loup

Arnaud Fischer agneau loup

L’agneau-loup,  the lamm-wolf, el cordero-lobo, der Lamb-Wolf, acrylic on canvas, 91 x 122 cm, 2013

Lorsque l’enfant vient au monde, c’est en réalité le monde qui vient dramatiquement à lui, tel un chaos biologique qu’il interprète anxieusement dans ses premières fabulations. De là naissent les mythes qui vont formater durablement son psychisme et que raconteront les poètes (mythanalyse).

When a child is born, in reality for him the world is born, dramatically, as a biological chaos, those first anxious interpretations will sharply be imprinted in his unconscious memory and give origin to the myths, which poets will narrate (mythanalysis).

Wenn ein Kind geboren wird, erlebt es in Wirklichkeit die dramatische Geburt der Welt selbst, die ihm als ein biologisches Chaos erscheint, das es ängstlich versucht zu interpretieren. Aus diesen ersten Fabeln, die sich nachhaltig in seinem unbewussten Gedächtnis einprägen, entstehen die Mythen, die der Dichter uns erzählt (mythoanalysis).

Cuando nace un niño, nace en realidad dramáticamente en su consciencia el mundo mismo, como un caos biológico. Sus interpretaciones ansiosas se inscriben para siempre en su memoria inconsciente de donde nacen los mitos que nos cuenta el poeta (mitoanálisis).

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Art postal: Le Seigneur des homards

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Le seigneur des jeux vidéo, acrylique sur toile, 114 x 162 cm, 2013


Le Seigneur des homards, nouveau Titan de notre univers de jeux vidéo, domine le monde. A vous de jouer… et de gagner.
The Lord of the lobsters, new Titan of our videogames, runs the world. It is your turn to play… and winn.
Señor Cabrajo, nuevo Titán de nuestros videojuegos, domina el mundo. Ahora es su torno de jugar… y ganar .  
Der Herr der Hummer, neuer Titan unserer Videospiele, leitet die Welt. Jetzt is es an Ihnen zu spielen… und zu gewinnen.

Arnaud Fischer ch
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Mythe art – Éros, Thanatos et Prométhée

Arnaud Fischer 131
           Éros et Thanatos (détail), acrylique sur toile, 114 x 162 cm), 2012

Éros et Thanatos, les deux instincts premiers nommés par Freud, mènent le monde, mais non sans s’allier au 3e instinct, celui de puissance, que j’appelle Prométhée.
Éros and Thanatos
run the world, as Freud did show, but not without the 3rd instinct, the desire of power, whom l named Prometheus.
Eros y
Tánatos gobiernan el mundo, como ha dicho Freud, pero en conjunción con el  tercer instinto fundamental, el del poder, que llamé Prometeo.
 Eros und Thanatos leiten die Welt, wie Freud es gezeigt hat, aber nicht ohne dem dritten

Naturtrieb, dem für die Macht, den ich Prometheus genannt habe.

弗洛伊德提出的两大基本冲动,生之本能(eros)和死之本能(thanatos),统治着世界,但它们还结合了第三个本能,权力的本能,我称之为普罗米修斯。


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Mythe art – mondes parallèles

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En bicyclette dans le cyberespace, Biking in the cyberspace, Con bicicleta en el cibermundo, Im Cyberspace Rad fahren, acrylique sur toile, 122 x 183 cm, 2012



Nous migrons dans le cybermonde, qui nous devient familier, mais comme un espace d’évasion plus attrayant, à la fois plus puissant et plus humain que le monde réel. Étrange!

Weescape intothe cyberworld, which becomes to us more familiar thanthe real world, more attractive, more powerful and even more humanIsn’t it strange?
Escaparemos en el cibermundo, más atractivo, más poderoso, hasta más humano que la realidad. ¡ Extraño ¡
Wir fliehen in die Cyberwelt, die uns attraktiver, mächtiger und sogar menschlicher scheint.Ist es nicht merkwürdig?

我们在已经熟知的网络空间中游走,网络空间是一个更加吸引人的消遣空间,比真实世界更加强大、更加人性。奇怪!



Arnaud Fischer mythe%2Bart

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Myth Art : the painter mythanalyst

Arnaud Fischer DSC0722
Prometheus, the Devil and the mythanalyst, acrylic on canvas, 114 x 162 cm, 2013

When Prometheus meets the Devil, the mythanalyst creates the storytelling and the music. It is about rebellion against Zeus and God in favor of humankind’s consciousness, creativity and freedom. They question if it will be successful or end badly. (Updating old myths).  

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L’art dans la rue Mailly,Perpignan 1972

Arnaud Fischer defense+d'art fischer

« Il y 40 ans, Hervé Fischer signait sa première rencontre avec Perpignan. Entre intervention plastique et action d’agit-prop, il participe à l’occupation de la Rue Mailly avec les artistes de la mouvance de l’Art dans la rue (27.05.1972). Dès lors la Catalogne s’inscrit dans son œuvre ; co-commissaire de l’exposition Impact II du Musée d’Art Moderne de Céret (Eté 1972), il exposera à la salle d’art alternatif de Perpignan Le Flux et transformera la Librairie Coste-Torcatis en Pharmacie Fischer & Cie (novembre 1975) délivrant des ordonnances thérapeutico-artistiques. Grâce à ses réseaux catalans, Hervé Fischer transformera quelques mois plus tard la ville de Perpignan en un vaste champ d’expérimentation pour croiser pratique artistique et sociologique. Transformer les perpignanais en matériau d’art, telle a été la première action d’envergure du Collectif d’Art Sociologique (septembre 1976). Une carrière entre théorie et pratique qui se voit couronnée par une rétrospective présentée au Musée d’Art Moderne de Céret en 2010.
A l’occasion du 40e anniversaire de l’intervention de la Rue Mailly, toujours fidèle à l’avant-gardiste Librairie Coste-Torcatis, Hervé Fischer viendra y donner une conférence exceptionnelle ‘Éloge de l’avenir’ ce jeudi 26 janvier à 18h. »
Eric Forcada
Je suis resté très attaché à Perpignan et y reviens chaque fois que possible. C’est lors de ma dernière visite en 2012, lors d’une rencontre à la librairie Coste-Torcatis, qu’Eric Forcada avait annoncé ma venue.
Chantal Marchon, réalisatrice à la télévision m’a envoyé un court documentaire qu’elle avait tourné en 1972 lors que nous avions été quelques artistes à envahir un beau jour la rue Mailly : nous célébrions « l’art dans la rue ». Claude Viallat, Michel Bertrand, Pascal Fanconny,Ben Vautier, moi-même et plusieurs autres que je ne réussis plus à identifier, y compris des artistes qui se peignaient le corps. L’idée était alors celle de rapprocher l’art et les gens, en dehors des événements élitistes et commerciaux dans les galeries d’art, ou dans les musées, de « déconstruire » la peinture, la libérant du chassis pour la suspendre sur des bâches, et, dans mon cas, de pratiquer ce que j’appelais « l’hygiène de l’art »: un questionnement démystificateur. Ce documentaire est emblématique d’une époque, mais il est demeuré marginal ou oublié. Il est donc intéressant que Chantal Marchon le rediffuse bientôt à la télévision FR3. 
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La loi de la divergence

Arnaud Fischer images


Événement, acrylique sur toile, 46 x 61 cm, 1999
Nous pensons principalement par associations d’idées. La rationalité est construite par liens, non seulement par causalité linéaire, mais aussi par configuration en arabesque, qui établissent des relations de sens, qui supposent une cohérence que nous révélons.
A l’âge du numérique nous développons la métaphore des réseaux en hyperliens. Nous naviguons par liens.
Toute l’informatique est basée sur la notion de liens. Les algorithmes sont des procédures qui progressent par liens. Programmer, c’est lier.
Nous élaborons donc beaucoup sur la notion de lien, mais l’univers se construit et se pense aussi par divergences et ruptures.  Penser par saut ou discontinuité n’implique pas nécessairement une situation de chaos. Mais comment penser et nommer l’opposé des liens ? Incohérence ? Chaos ? Rupture? Rejet ? Divergence ? Voilà la question qu’il nous faut aborder.
C’est parce que le concept de liens nous vient de la sphère familiale et amicale, les liens humains, qu’il nous est si familier et coutumier. Et nous avons élargi ce mode de pensée à la connaissance en général, notamment à la logique (qui demeure, selon la mythanalyse, d’origine familiale). Nous rejoignons implicitement ainsi la civilisation chinoise ancienne qui se fondait sur l’harmonie de la nature et de la société, dont l’empereur était personnellement garant, et qui a inspiré la philosophie de Confucius. Pourtant, tous les liens ne sont pas nécessairement harmonieux. Il y a aussi des liens qui  sont des rivalités, des hostilités, des crimes, des guerres. Nous devons donc prendre en compte aussi, au-delà des harmonies et cohérences, une dramaturgie des liens qui inclut les liens négatifs, des tensions destructrices de tout lien.
Et il ne s’agit pas là seulement de la pensée cognitive. Nous faisons par exemple l’expérience, notamment dans nos cauchemars, par nature « décousus », il est vrai, mais aussi dans la vie réelle de menaces. Nous cherchons alors à créer une protection contre ces menaces, à fermer une porte devant des personnes agressives et à consolider cette séparation. Dans la sphère de la morale comme dans celle l’inconscient, nous instituons des seuils, qu’il ne faut pas franchir, transgresser, entre deux espaces, celui qui est normal ou protégé et celui qui nous menace ou qui est sacré. Un lien est constitutif de proximité, de contact. Un seuil peut être encore à la fois un lien et une rupture. Mais une divergence est un non-lien, une séparation radicale.
Nous avons beaucoup pensé et célébré le lien. Mais il nous faut donc aussi apprendre à formuler, nommer et penser le « non-lien ». A moins de choisir d’en nier totalement l’existence, ce qui va à l’encontre de la structure dominante de la pensée, qui est fondamentalement un mode de liaison entre des idées, mais qui ne saurait affirmer l’existence de liens sans supposer celle de non-liens, non seulement par éloignement, mais aussi par divergence dans une proximité. Car dire que tout est lien, que tout est lié, c’est ne plus rien dire qui en vaille la peine. C’est ne plus penser distinctement. Notre prochain livre sur « la loi de la divergence » tente précisément de penser cette problématique.
L’accouchement du nouveau-né est l’exemple même de cette expérience, et sans doute plus que cela : le fondement biologique de cette dialectique entre lien, seuil et rupture. La vie et la psyché elle-même se structurent selon ce triple mouvement de lien ( à la mère), de seuil (l’accouchement) et de rupture: la construction de l’autonomie hors de l’utérus. Il faut revenir à cette expérience matricielle pour penser cette dynamique et aborder la question de la divergence.
Mais l’informatique ne peut programmer une absence de lien, qui serait une rupture de son langage. Dans un tel cas, elle échoue (bogue, dysfonction, corruption). Elle ne peut « sauter » à autre chose, dans un vide programmatique, franchir un seuil où tout lien s’efface. Elle ne peut par exemple décrire la mutation physique du passage de l’eau en glace ou en vapeur; elle peut seulement le prévoir, voire le programmer. Et pour suivre l’expérience, elle sautera alors d’un fichier à un autre, sans continuité moléculaire. La pensée humaine, à l’opposé de l’intelligence artificielle, est capable de cette discontinuité et donc d’assumer une pensée divergente par rapport à ce qu’elle a appris et assumé précédemment. La divergence échappe à l’informatique. Et pourtant, non seulement elle existe, mais elle est le moteur de l’évolution humaine. Nous touchons là le fondement d ‘une différence radicale que beaucoup de gourous voudraient bien nier, eux qui s’emploient à nous dire que l’informatique va nous conduire au « mur de la singularité », au-delà duquel les ordinateurs continueront à ronronner, tandis que la pensée humaine  se heurtera à ses propres limites physiologiques.
Il y a une divergence radicale entre intelligence artificielle, dont nous devons reconnaître les limites, et intelligence humaine (physiologique et psychique), qui a aussi des limites évidentes, mais qui est capable de diverger au-delà des liens coutumiers.
C’est ce qu’exprime cette toile de 1999, intitulée « Événement » : dans les séries de 1 et de 0, de bleus et de noirs, soudain apparaît un troisième terme, le rouge, qui sort du code binaire, non intégrable dans la routine des liens : un bogue, une dysfonction ou une divergence.